jeudi 22 juillet 2010

Vidéo



Voici un petit vidéo de la route entre Léo et Ouaga...un petit aperçu finalement!

lundi 5 juillet 2010

Ah le temps !

Vous avez l’impression que le temps vous file entre les doigts, que vous n’arrivez jamais à faire tout ce que vous aviez prévu, qu’il est primordial de tenir un agenda détaillé pour atteindre vos objectifs, que le temps c’est de l’argent même ?!? Rien de trop surprenant !

En fait la société canadienne à une vision du temps dites monochronique, ce qui est diamétralement opposé à la vision burkinabé, qui elle est polychronique. Afin de vous illustrer ce que j’entends par là, je me permets de citer mon ami Issa, un burkinabé qui habite à Sherbrooke depuis quelques années déjà :

« Ici (en parlant du Canada), vous courrez après le temps, au Burkina, on prend le thé pour perdre le temps. »

Ainsi, la vision du temps est très différente pour les deux peuples. Or, pour quelqu’un issu d’une société qui prône avant toute chose l’efficacité, il peut devenir frustrant d’essayer d’évoluer dans un monde si flegmatique face au temps. Toutefois, c’est avec un certain relâchement qu’il devient possible de réaliser que le taux de stress d’un individu a une très forte corrélation avec cette perception temporelle. Nul doute qu’un certain équilibre entre les deux dimensions culturelles est souhaitable pour la plénitude de chacun. Cependant, l’atteinte de ce louable objectif n’est pas chose aisée.

Afin de vraiment bien vous faire saisir la marge considérable qui existe entre ces deux visions du monde, je propose de dresser un portrait des deux journées de rencontre qui se sont tenues en début de semaine à la FEPPASI (Fédération provinciale des professionnels agricoles de la Sissili- mon organisme partenaire).

Tout d’abord, un peu de contexte. La FEPPASI est une fédération qui regroupe plus de 12 000 producteurs agricoles dans la province de la Sissili, dans le sud du Burkina Faso. Cette structure emploie une trentaine de personnes qui travaillent directement avec les paysans afin de faciliter la passation d’une agriculture de subsistance à une agriculture de marché et ainsi réduire la pauvreté au sein des familles de producteurs. La fin de juin était synonyme de fin de semestre pour la FEPPASI. Ainsi, la structure a pris soins de regrouper tous les membres de son personnel terrain et de gestion pour faire le point sur les activités passées et celles à venir. C’est donc pendant deux jours que se sont rencontrés environ trente-cinq personnes dans les bureaux de la fédération.

Lundi, 10h30, toutes les personnes attendues sont finalement arrivées à la FEPPASI à l’exception du président. La rencontre peut donc commencer comme la présence de ce dernier n’est ni assurée, ni essentielle au bon fonctionnement de la réunion. Le coordonateur des programmes prend donc le rôle de facilitateur pour l’occasion. Une quinzaine de personnes sont assises autour de plusieurs tables formant un U et faisant face à un mur blanc où est projeté l’information. Les vingt autres personnes sont assises derrière, sur des chaises ou encore des bancs, un peu en retrait, ces derniers sont pour la plupart les animateurs venus des différentes communes (une commune est un village). La première étape consiste en la restitution du bilan du dernier semestre par les conseillers (le conseillers est la personne en charge de l’exécution des appuis sur le terrain) des différents villages. Trois conseillers font à tour de rôle leur présentation. Ces dernières sont plutôt monotones et font le point sur les mêmes objectifs qui avaient été fixés globalement. Les conseillers utilisent un support visuel, c'est-à-dire le tableau word dans lequel ils ont compilé leurs données. La participation des autres personnes présentes est très limitée. Or, les employés de bureau de la FEPPASI prennent le temps de poser quelques questions sur les activités décrites.

Un débat est d’ailleurs relevé par la chargé en communication quant à la prise en considération des femmes. Un bailleur de l’organisation suisse, qui finance majoritairement la FEPPASI, présent pour l’occasion avait d’ailleurs lancé le débat dès le début de la rencontre en mentionnant l’absence totale de femmes à la réunion. En effet, nous n’étions que trois femmes présentes, c’est-à-dire la chargé communication, mon homologue et moi-même, donc aucune femme du terrain. Un des conseillers répond d’ailleurs à cette préoccupation en disant qu’il ne faut pas oublier que la compréhension intellectuelle chez les femmes n’est pas aussi élevée et qu’il est donc difficile de les inclure dans les activités. Ouf, c’est chaud ! Les commentaires fusent de toutes parts, le chaos est lancé !

Trois heures plus tard, avec une audience calmée, un peu trop calme peut-être même, une pause de trente minutes est suggérée par le coordonnateur. Celle-ci est bienvenue, les personnes s’étant assoupies commençaient à se multiplier et l’attention était devenue quasi inexistante. Pendant la pause, tout le monde se dirige à l’extérieur cherchant l’ombre sous les manguiers pour discuter et manger un sandwich. La pause de trente minutes se transforme bien vite en pause d’une heure trente. Au retour de cette dernière, les trois autres conseillers présentent à tour de rôle le bilan de leur commune. Cependant, contrairement à leurs collègues les précédant, c’est derniers n’ont aucun support visuel. Ainsi, pendant plusieurs longues minutes, ils citent une série de chiffre et de statistiques. La digestion du sandwich aidant, l’obscurité de la pièce et la non-sollicitation des autres participants a un effet dévastateur sur les autres personnes présentes, les têtes deviennent de plus en plus lourdes et les yeux de plus en plus clos. C’est finalement après deux autres longues heures que la rencontre est suspendu pour le dîner. Il est entendu que la session reprendra dans une heure, c’est-à-dire vers les 18h.
Les 18h se transformèrent en 21h. Les 8h du lendemain en 9h et les prévisions pour le semestre à venir en l’éclatement des frustrations des membres du bureau pour la non-participation de l’équipe terrain et celles de l’équipe terrain pour la non-considération des réalités du travail dans la brousse. C’est par intervalles de discussions entrecoupés par des appels téléphoniques sur les cellulaires de chacun que la deuxième journée s’est close sans résultat pour le semestre à venir, mais plutôt le fardeau sur les épaules de l’équipe terrain d’établir les attentes pour les mois à venir sans la consultation des gens qui auront à remplir ces attentes.

Ce type de rencontre en est une caractéristique des réunions que j’ai eu à vivre jusqu’à maintenant au Burkina Faso. Elle met bien en lumière les distinctions entre la conception du temps monochronique et celle polychronique. Tout d’abord, les personnes ayant une vision polychronique perçoivent les interruptions comme difficilement évitables et souvent bénéfiques (ex : prendre un appel téléphonique alors que nous sommes en train de faciliter une session) alors que pour les personnes ayant la vision monochronique, les interruptions devraient être évitées autant que possible.

Une différence importante se situe également au niveau de la conception du temps. Alors que pour les gens ayant la vision monochronique, il est important de respecter l’horaire, pour ceux ayant la vision polychronique, mieux vaut terminer la tâche peu importe l’horaire (donc reprendre à 21h plutôt que de couper un peu dans les pauses).

Pour les gens ayant la vision polychronique, les dates limites sont relatives et ne devraient pas trop être prises au sérieux alors que pour ceux ayant la vision monochronique, elles constituent une promesse et comme plusieurs autres choses dépendent d’elles, elles doivent être respectées. Ainsi, dans cette situation, bien que la date limite pour les rapports et les présentations avaient été fixés plusieurs semaines à l’avance, plusieurs des conseillers se sont retrouvés à faire leur rapport la journée même et à ne pas avoir de support visuel par manque de préparation. Toutefois, ce manque de préparation ne doit pas être interprété comme un manque de sérieux dans son travail, mais plutôt comme une conception différente des dates limites.

D’autres caractéristiques des personnes ayant une vision du temps polychronique est par exemple la tendance qu’on les gens à tous se lancer vers le plat de sandwiches plutôt que de faire la ligne pour les recevoir un à la fois comme les gens ayant une vision monochronique feraient. Aussi, les gens ayant la vision monochronique sont davantage orientés vers les personnes que les tâches, ainsi ils prennent le temps de discuter de sujets personnels pendant les heures de travail. Ces discussions sont d’ailleurs très importantes pour eux, ils accordent beaucoup de valeur à leurs relations. Quant à eux, les gens ayant la vision monochronique attendent pour entretenir ce type de discussions pendant les pauses comme ils sont tellement orientés vers la tâche. Finalement, alors qu’un agenda est très important pour les personnes avec la vision monochronique, pour ceux ayant la vision polychronique, un agenda n’est qu’un bout de papier et sera inévitablement changé.

Bref pour les gens ayant une vision monochronique, le temps est une donnée immuable. Les gens sont des variables et doivent s’ajuster au temps alors que pour les gens ayant une vision polychronique le temps est le servant et l’outil de l’homme. Il n’y en a toujours plus, et l’homme n’est jamais assez occupé pour refuser de faire quelque chose.

Ainsi, voici une des réalités avec laquelle je dois jongler au quotidien. Je dois apprendre à vivre un équilibre au niveau de ma vision du temps si je ne veux pas être trop frustré face à mes collègues et par le fait même, si je ne veux pas provoquer des frustrations chez eux non plus. Cette différence de perception fondamentale est tellement riche à mes yeux et rend notre planète tellement plus agréable à découvrir. Le défi demeure de trouver un terrain d’ententes.

samedi 3 juillet 2010

Après la triple mission de l’école québécoise, voici la triple mission d’un blog d’une québécoise en terre burkinabé

On dit de l’école québécoise qu’elle doit instruire, socialiser et qualifier les jeunes. Et bien, j’aimerais que mon blog, lui aussi, atteigne trois objectifs, quoiqu’un peu différent. Effectivement, à travers les différents billets que je publierai, j’espère informer, instruire et socialiser mes lecteurs.

Informer : Fournir de l’information sur ma situation, ma santé, mon énergie, mes activités, mes découvertes, mes hauts et mes bas. Bref, ma vie au vie au Burkina. Jusqu’à maintenant, je me suis seulement concentré sur cette mission à travers mes billets. En vous informant, j’ai la garantie que personne ne s’inquiète pour moi de l’autre côté de l’océan. De cette manière, ma famille, mes amis et toutes ces personnes que j’ai laissé derrière pour un temps savent ce que je deviens.

Instruire : Mes apprentissages sont multiples dans ma vie et mon travail au Faso. Ingénieurs sans frontières m’offre un cadre d’apprentissage hors du commun. Ainsi, je souhaite partager mes nouvelles connaissances avec vous afin que vous aussi vous puissiez progresser intellectuellement en me lisant de votre salon. Il serait égoïste de conserver toute cette nouvelle information pour moi seule.

Socialiser : Depuis quelques années déjà, le monde s’est ouvert. L’accès à l’information et aux gens est de plus en plus facile. L’avion est devenue une commodité pour les peuples d’occident. Les échanges entre les différentes cultures sont de plus en plus fréquents. Malencontreusement, les frictions entre ces personnes d’origines différentes sont elles aussi beaucoup plus coutumières. Si je pouvais seulement changer une chose sur toute la planète, ça serait de rayer l’ignorance face aux autres populations qui peuplent la planète. L’incompréhension et la haine naissent de cette ignorance même. Ainsi, par l’entremise de mes billets, j’espère mettre fin à une partie de cette ignorance et faire de mes lecteurs des citoyens du monde qui saisissent les valeurs, les croyances et les défis des gens du Burkina Faso. Vous serez sans doute choqués par certaines des choses que j’écrirai. Cependant, je vous supplie de pousser votre réflexion au deuxième niveau. La différence dérange, mais c’est ce qui fait la beauté du monde. Si nous étions tous identiques, qu’y aurait-il à découvrir, à comprendre ? Je tenterai de demeurer neutre dans mes commentaires, mais je ne peux nier mes origines occidentales qui me poussent à avoir une perception biaisée. Or, je tiens à accentuer le fait que je crois profondément que ni la société canadienne, ni la société burkinabé n’est meilleure que l’autre. Les deux peuples ont leurs forces et leurs faiblesses. J’espère vous ouvrir les portes d’un autre univers qui rassemble pourtant des êtres humains identiques à ceux du Canada en ce sens qu’ils sont des êtres dotés de sentiments, de besoins et d’un profond désir de bien-être et d’accomplissement pour eux-mêmes ainsi que pour tous leurs pairs.

Voici mes trois missions au cours de ces vingt-et-un mois de partage avec vous. Je vous présente mes trois objectifs de cette façon, car je veux demeurer imputable face à vous. Cette expérience, je ne la vie pas seulement pour moi, je la vie pour nous. Chaque fois que je n’atteindrai pas mes buts de partage, je vous supplie de me ramener à l’ordre, de me questionner, de me pousser dans mes réflexions, de me critiquer. De la même façon, quand j’aurai su les atteindre, vous êtes invité à me le notifier. Cette écriture, je la fais pour nous. Je veux qu’elle vous soit utile. Je souhaite que vous appreniez, que vous soyez rassurés, mais surtout que vous compreniez ce qui me pousse intrinsèquement à être ici plutôt qu’ailleurs à ce moment dans ma vie.

Merci de m’être fidèle, vos commentaires sont un moteur d’énergie inestimable pour moi.

mercredi 30 juin 2010

Ah 2010 quand tu nous tiens !

Il y a des moments dans la vie où tu as besoin de te pincer, t’assurer que tu es bien éveillée que ta vie n’est pas un rêve. Et bien depuis le début de 2010, j’ai l’impression d’avoir à me pincer quotidiennement. Après avoir flotté au Havre-Saint-Pierre et à Iqaluit, je flotte toujours au Burkina. J’ai parfois un peu peur de tomber, car quand je tomberai, ce sera de haut !

C’est l’esprit rempli de projets et d’espoir que je suis rentrée du Ghana, prête à contribuer à la sélection et la formation des nouveaux volontaires Burkinabés. Alors là, vraiment, pendant une semaine, j’ai été dans mon élément. Florian m’a permis de laisser libre court à l’enseignante en moi. Wow ! J’étais aux oiseaux. Le tout a débuté par une super journée de sélection avec quelques jeunes Burkinabés tous plus remplis de potentiel les uns que les autres. Vraiment, wow, les candidats que nous avions avaient tout un bagage ! Et chose certaine, ils ont vécu tout un choc culturel à passer la journée avec nous à faire plein de petits ateliers et de jeux de rôles. À l’issu de la journée, nous avons sélectionné deux jeunes hommes superbes ! Hermann et Idrissa ! Je suis convaincue qu’ils amèneront un complément très pertinent à l’équipe. Puis j’ai passé le reste de la semaine à les former. Oui, ironiquement j’ai eu à leur donner des sessions que j’aurai moi-même à faire à Toronto au cours du prochain mois. Vraiment, c’était tellement formateur ! J’ai appris beaucoup et je me sens super prête pour mon mois de préparation au Canada ! Je vais vraiment pouvoir beaucoup plus assimiler.

Après cette semaine de pure plaisir, j’ai pris la route de Léo. Oui, finalement, à la découverte de mon chez moi ! Toute une aventure ! Boris et Alanna, dans leur gentillesse extrême, m’ont laissé beaucoup de choses pour m’aider à m’installer. Génial ! Mais, je devais aussi transporter de Ouaga jusqu’à Léo un lit, un matelas, une table, une boîte de nourriture, un set de casseroles, un brûleur et j’en passe en plus de tous mes trucs amené du Canada ! Vive le Burkina, c’est en taxi, en autobus et dans une charrette tiré par un âne que tout s’est bien rendu !

Et là, justement, mon arrivée à Léo. Je l’appréhendais un peu. La FEPPASI disait avoir un « local » pour moi où je pourrais habiter. Comme en 2008 j’avais vécu une immersion complète, cette fois, je m’étais fixé quelques critères de base pour ma maison. Comme par exemple, je voulais une chambre à moi, de l’électricité et la possibilité de cuisiner pour moi-même. J’ai adoré mon expérience d’intégration en 2008, mais afin de pouvoir avoir un mode de vie plus durable cette fois, j’avais changé mes critères un peu. Alors c’est nerveusement que je me suis rendue à mon « local »….non mais ! C’est de la foutaise ! C’est une maison neuve ! En effet, le fameux « local » est en fait un appartement chambre/salon dans un nouveau développement. J’habite donc dans une cour avec une dizaine de familles, mais j’ai mon coin à moi. Avec l’électricité…mais aussi l’eau courante (oui, douche/toilette !). Bon, je me sens un peu déchirée. C’est beaucoup de luxe…mais en même temps, c’est une façon d’assurer ma bonne santé et ma continuité ici. Et…rien ne m’empêche d’aller faire des séjours au village pour me retremper dans le tô !

Puis finalement, la FEPPASI. Ça bouge ! C’est dynamique ! Il y a des gens ! Mon homologue est toujours en train de rire ! Tout va bien pour le moment. J’essaie encore de bien comprendre et de définir mon rôle ici, mais ça, ça prend du temps…

Donc, tout va vraiment très bien pour moi. J’accumule les gaffes : pris mon moustiquaire dans le ventilo le premier soir à Léo, 3 crevaisons à vélo et un pédalier de cassé, le robinet de la douche cassé…bref, c’est bon signe, je suis à mon naturelle gaffeuse !

Je rentre déjà à Toronto la semaine prochaine. Le temps file, file, file….

mardi 15 juin 2010

Destination Ghana

Les jours passent, le soleil brille toujours et les mots commencent à me manquer pour décrire ma vie. Quelques jours de plus dans la capitale m’ont permis à la fois de compléter mon projet de recherche, de passer du temps de qualité avec Alanna et de mieux définir mes attentes et besoins pour les mois à venir.

Chaque journée continue de me surprendre et de me faire découvrir de nouvelles réalités. Je suis toujours aussi fasciné par tout ce que je découvre au sujet du Burkina Faso et de ses habitants. Je vois de plus en plus la distance immense qui existe entre les riches et les pauvres dans le pays. Je suis fascinée de côtoyer les élèves de l’école américaine où travaille Alanna et d’en apprendre sur leur monde. Ce monde où tout le monde a un chauffeur, un gardien, une bonne et trop peu de réalités propre à la majorité des habitants du reste du pays. C’est en mangeant un hamburger/frites avec du ketchup heinz sur le bord de la piscine de l’école d’Alanna que j’ai vraiment saisit toute l’ampleur de cette distance entre les gens. Plusieurs de ses élèves du secondaire n’ont même jamais adressé la parole à un burkinabé sur la rue, ils n’ont jamais fait le marché, jamais fais la lessive, jamais été chercher l’eau, jamais utilisé de latrine. C’est déroutant quand on y pense. Après tout, 60% du reste de la population ne s’est peut-être même jamais assis dans une voiture.

Mon séjour à Ouaga parmi cette catégorie de gens m’a tout de même permis de faire des rencontres très intéressantes. Entre autres, j’ai eu la chance de travailler avec un homme qui a quitté le Burkina pour aller faire son université en Ouzbékistan (ex-URSS) alors que le régime socialiste battait son plein. Il est revenu ici rempli d’espoir pour son pays et était de l’équipe de Sankara (un révolutionnaire qui a changé la face du Burkina pendant son court mandat) pour l’agriculture. Il travaille toujours au ministère au niveau de l’agriculture, plus précisément, il travaille sur un projet d’entreprenariat rural fort intéressant. Il a même été le représentant du Burkina à Rome auprès de tous les gros bailleurs de fonds pendant quelques années. Bref, j’espère que j’aurai la chance de travailler à nouveau avec lui et son équipe pour tenter d’améliorer la condition des producteurs du Burkina.

Puis, j’ai doucement pris la route du Ghana avec tous les autres membres de l’équipe du Burkina Faso. Après avoir fait vivre la première expérience de voyage international au stagiaire burkinabé qui travaille avec nous, nous nous sommes tous retrouvé dans un endroit fort sympathique dans le pays voisin du Burkina. Tous les employés et volontaires d’ISF en Afrique de l’Ouest ainsi que les leaders des équipes du Malawi et de la Zambie de même que Parker, le co-président d’ISF et Robin la directrice du personnel africain se sont retrouvés pour quatre journées bien remplies. En effet, quatre fois par année tous les membres d’ISF au Burkina Faso et au Ghana se retrouve pour travailler ensemble et échange sur les leçons apprises et les outils bâtis. Je suis donc très chanceuse d’être arrivée au bon moment pour vivre cela. D’autant plus que la rencontre des leaders africains n’arrive qu’une fois par année en Afrique. Il y avait donc beaucoup de personnes toutes plus motivantes et inspirantes les unes que les autres. Ces quelques journées furent surtout une occasion pour moi de rencontrer les autres membres de l’équipe, mais aussi d’en apprendre davantage sur le travail de chacun. Vraiment, très motivant !! Et bien sur de découvrir un peu le Ghana….et son chocolat !!! La retraite fut aussi une occasion en or pour sortir de ma zone de confort et d’offrir une performance de free style à la WAR of the bands. Pour tout ceux qui me connaissent et savent combien j’aime jouer avec les mots en gratouillant la guitare, imaginez-vous que j’ai fait souffrir ça à toute l’équipe ! Ouf, ils me parlent encore !

ISF prend de plus en plus une direction professionnalisante et c’est très intéressant de le découvrir. Ainsi, mon cher Boris, qui avait été mon coach en 2008, rentre au pays déjà cette semaine pour aller commencer son nouveau rôle au sein du bureau national et pour souhaiter la bienvenu à son premier petit bébé. Et oui, nous aurons le premier bébé ISF en septembre. Je vous donnerai plus de détails sur toutes les changements au sein de l’équipe dès qu’ils seront tous confirmés.

Je rentre donc au Burkina pour encore trois semaines. Or, les plans ont encore une fois changés ! En effet, je devais me rendre au village directement en rentrant du Ghana. Cependant, ma condition physique ne me le permet pas finalement. On ne s’énerve pas, je vais bien ! Seulement, ma foutu chute de yoga, oui de yoga, de décembre dernier a refait surface ! Je m’étais déplacé une vertèbre à l’époque et je croyais mettre fais traité, mais apparemment, les professionnels n’ont pas bien fini leur travail. Ainsi, je me suis de nouveau retrouvé bloqué au niveau de l’épaule la fin de semaine dernière. J’ai tout de suite consulté un kinésithérapeute espagnol qui a fait du très bon boulot sur moi ! Malheureusement, il n’était pas très content de voir la situation, je devrai me faire traiter encore quelques fois avant que le problème ne soit passé. Donc….pas de village avec plein de travail physique. Mais, une excellente nouvelle cependant, mon augmentation en flèche de migraine est directement reliée avec ce problème, donc tout devrait aller pour le mieux sous peu.

Et encore une meilleure nouvelle encore, c’est que plutôt que de travailler au village cette semaine, je vais aider Florian dans la sélection des prochains stagiaires burkinabés. C’est super motivant ! J’ai vraiment hâte ! J’ai une super semaine devant moi !

jeudi 3 juin 2010

Des nouvelles en direct de la capitale

Ah le retour à la maison ! Donc voilà, je suis bien de retour au Burkina avec toutes ses odeurs, ses bruits et ses couleurs (bon surtout rougeâtre !). Ça fait du bien d’être de retour en Afrique de l’Ouest. Je trouve extrêmement intéressant de découvrir un autre Burkina que je ne connaissais pas beaucoup jusque là ! En effet, je passe beaucoup de temps en ville ! Ouf, deux mondes…ça bouge ici !

Les plans initiales ont un peu changé comme Rosanne était super occupée à Dédougou. Je suis donc aller passer quelques jours à Bobo où j’ai pu revoir plein de personnes (Franck, Delphine, Aimé…) et j’ai pu rencontrer Cath Denis. Elle travaille pour ISF aussi. Nous avons passé deux journées vraiment très intéressantes à son travail. Plein de points en communs avec Cath….elle a fait Katimavik, ça commence bien ;)
La santé est vraiment bonne et le moral aussi. Je trouve que je réagis bien à tout ce qui me faisait tellement peur à Ouaga il y a deux ans. Vraiment, ce n’est pas si mal Ouaga, bon à part la chaleur.

Je suis allée au lancement de la deuxième phase du PAMER (Projet d’Appui à la Micro Entreprise Rurale), le PASPRU, en début de semaine. J’avais fais un gros travail d’évaluation en 2008 pour formuler des recommandations pour la deuxième phase. Ainsi, c’était très intéressant pour moi d’aller voir si quelque chose avait été pris en compte. Bon…..ce fut extrêmement décevant. J’ai plutôt constater que les bailleurs (ceux qui donnent l’argent pour le projet) continuent de voir la quantité plutôt que la qualité de leurs appuis. Ainsi, je doute que le projet pourra avoir beaucoup d’impact. Mais bon, c’est le développement, les changements arrivent doucement…

Je me replonge doucement dans le bain et j’aime ! J’ai tout de même eu le cœur déchiré cette semaine quand j’ai vu des photos de mes élèves au Havre-Saint-Pierre à leur bal. Pour ceux qui me lisent, vous étiez beaux et vous me manquez beaucoup….bonne chance dans cette prochaine étape qui s’offre à vous ! En plus, je suis allée visité l’école où Alanna travaille à Ouaga…ah quand on aime trop de chose dans la vie ! L’école va me manquer pour les prochaines années !

Je vous tiens au courant de mes aventures au Ghana la semaine prochaine !

Je pense à vous !

mardi 25 mai 2010

Bien arrivée!

Et oui, je suis bien arrivée!

Je prends quelques minutes pour vous donner des petites nouvelles de moi!

Alors, mon départ a été hautement épicé. En effet, c'est vers les 15h00 que j'ai réalisé que je n'avais pas mon passeport avec moi à Montréal. Mon départ 19h50. Oupsy! J'ai donc fait mes bagages au grand complet rien. 15h30, Marie, ma belle-soeur, m'informe qu'elle a trouvé mon passeport, elle l'a! Seul problème, il est à St-Zephirin (près de Drummond)!!!! Je dois normalement arriver 3h à l,avance à l'aéroport et c,est l'heure du trafic....!

Ça va aller. Ma super belle-soeur embarque mes trois chères nièces dans le jeep et on se rejoint à Ste-Julie! Mission 1 accomplie! Ne reste plus qu'à arriver à l'aéroport à temps malgré la circulation...et bien c'est réussie! On a eu chaud!

Sinon, je suis bien arrivée au Burkina. Je suis allée habitée chez Alanna et Boris pour les deux premières nuits. Wow, un autre monde. Ces deux là sont ici depuis quelques années déjà et Alanna est enceinte. Ils ont donc beaucoup occidentalisé leur mode de vie récemment. J'ai donc fait l'expérience d'un tout autre Burkina! En 12h, Alanna m'a trimbalé à la piscine, manger de la crème glacée et visiter un magasin où l'on peut entre autres trouver des télé plasma! Y'a ça au Burkina?!?!? Wow un autre monde!

Sinon, j'ai rejoint Florian le dimanche et ma formation a continué avec lui et Charles.

Lundi, je suis allée à la FEPPASI à Léo où je travaillerai. L,équipe est vraiment superbe. J'ai bien hâte de travailler avec eux!

Mais, ce n,était qu'un aller-retour! En effet, je dois maintenant faire mon mois d'intégration au Burkina avant.

Je suis donc à Ouaga pour le moment, mais je partirai vers Dédougou sans doute demain. Je vais aller travailler avec Rosanne une autre employée ISF pour voir son travail. J'ai aussi une recherche terrain à faire qui me mènera un peu partout au Burkina. Puis, je participerai à la sélection du nouveau volontaire Burkinabé. Ensuite, je pars pour le Ghana à la rencontre de l'Afrique de l'ouest. Tous les employés ISF du Burkina et du Ghana s'y rejoindront. Après quoi, j'irai faire un séjour en village d,une semaine.

Puis, finalement, le 24 juin j'irai à Léo pour débuter mon travail...mais pour deux semaines seulement. En effet, je rentre déjà au Canada le 8 juillet pour ma formation à Toronto!

Ouf...ça bouge!

Sinon....j'ai eu la chance de voir Mariam avec qui j'habitais à Banfora en 2008 ce matin. Wow! Ça fait chaud au coeur. Elle avait le petit Gédéon avec elle. Elle était enceinte de lui alors que j'habitais chez elle! Tout va très bien pour elle!!

Voilà!

Je vous tiens au courant