lundi 2 juin 2008

Beaucoup de choses...

Alors encore une autre semaine. Elle a été bien remplie croyez moi!

Ainsi, le dimanche, j’ai tenté de faire ma première lessive entourée de Burkinabé. Toutes les dames se sont bien assurées de me dire sans cesse : c’est propre ça?!?

Oui???

Bien sûr quand je leur demandais de me montrer, elle me disait simplement tss tss.

Pas facile!

Ensuite, il y a eu une bonne pluie, belle occasion pour dormir un peu et lire. Chose certaine, quand il pleut ici, il pleut! Ce n’est as très long, mais c’est intense! En plus pendant que j’étais couché, il y avait de fines gouttes qui tombaient sur moi. Rafraîchissant!

Par la suite, le boulot a vraiment débuté cette semaine. J’ai pu me rendre utile avec tout le monde au bureau en leur apprenant plein de petits détails sur l’ordinateur ou en faisant des petites tâches. Bien vite, j’ai gagné leur confiance si bien que deux jours durant quand tout le monde était débordé ou en réunion, c’est moi qui a gardé le bureau. Ouf pas facile de prendre les messages avec les noms de famille incompréhensibles. Je suis vraiment contente, tout le personnel est fantastique avec moi.

J’ai aussi passé un peu de temps avec ma mère d’accueil pour mieux comprendre la transformation des anacardes. Ainsi, j’ai frit les anacardes pour sa production de la semaine. Maintenant je comprends pourquoi on dit que seulement quelques noix de cajou équivalent à un steak en calories. C’est de la friture pure et nette! Maman et papa vous allez vous boucher les artères!!!

C’était très intéressant. Elle m’a beaucoup appris déjà. C’est aussi là que j’ai un peu mieux compris ses conditions de vie. J’ai découvert que j’habitais chez l’une des 3 milliards de personnes qui survivent avec moins de 2 $ par jour. On peut dire que ça permet de se sentir un peu plus près de Dorothé.

Qui est Dorothé? Dorothé, c’est un personnage qu’Ingénieurs sans frontières utilisent pour personnifier la pauvreté. Ainsi, une Dorothé c’est une dame qui survie dans la pauvreté extrême. Dorothé, c’est la personne à qui je pense quand je ne sais plus pourquoi je suis ici. Dorothé, c’est elle que nous tentons d’aider.

Cette semaine, j’ai aussi aidé ma maman d’accueil à se faire une étiquette pour les noix de cajou qu’elle vend. Ensuite, je suis allé à Bobo aller-retour mardi et mercredi. Un voyage qui s‘est avéré plutôt inutile point de vue professionnel immédiat, mais qui m’a permis de comprendre beaucoup plus sur les besoins de mon homologue. Je vais devoir l’aider avec son sens de l’organisation!! Cependant, j’ai tout de même eu la chance de rencontrer Boris (mon coach) ce qui a été très utile!

Sinon, au bureau c’est un peu la folie. En fin de semaine, c’était les journées de l’anacarde et de promotions du manioc, donc ça n’a pas arrêté ici! J’ai bien appris sur l’anacarde le vendredi lors du forum qui a donné un peu l’état des lieux de l’anacarde et du manioc (le manioc est un tubercule géant, un peu comme la pomme de terre mais trente fois sa taille!). C’était vraiment pertinent pour moi, j’ai compris un peu plus les difficultés auxquelles les producteurs et transformateurs doivent faire face. Seulement 10% de la production de l’anacarde est transformé ici au Burkina, tout le reste se passe en Inde pour la plupart. Il est nécessaire d’essayer de palier à ce problème pour aider le Burkina à se développer!

Sinon, le samedi et dimanche, je n’ai pas assisté autant que je ne l’aurais souhaité aux différentes activités. La famille m’a demandé son aide pour cuisiner et vendre la production d’anacarde au marché le dimanche (tellllllllement trop de monde pour moi, c’est fou!!!). J’ai tout de même eu la chance d’aller discuter avec quelques producteurs et transformateurs. Yé!

Ah oui! Le vendredi soir je suis allé voir une manifestation culturelle aussi. C’était intéressant de découvrir la danse, la musique et le théâtre burkinabé. Malheureusement, je n’ai rien compris de la pièce parce que tout était en djoula L

La fin de semaine a été vraiment bien point de vue familiale. Le papa est malade et doit subir une intervention aujourd’hui à bobo (non, non ce n’est pas la partie bien). Ainsi, plusieurs des frères et sœurs sont venus pour le visiter. Nous avons donc eu plein de conversations vraiment intéressantes. Même un débat sur l’excision (la mutilation du clitoris). J’ai été surprise d’apprendre que l’argument que le papa tentait d’utiliser pour me convaincre était que quand les femmes devaient marcher pendant des kilomètres, le clitoris leur faisait un mal immense et que d’ainsi le couper leur permettait d’éviter de souffrir. Bien entendu, je n’ai pas osé confronté une personne âgé, ainsi je l’ai seulement écouté, mais j’ai trouvé fascinant de voir qu’il avait trouvé cet argument pour simplement caché que tout ce que l’homme veut vraiment avec l’excision c’est enlevé le plaisir sexuel à la femme et ainsi s’assurer de sa fidélité.

J’ai aussi finalement pris part au rituel de la prise du thé hier. Deux fois! C’est quelques heures chaque fois! J’ai beaucoup échangé avec les frères à Mariam (la dame qui m’accueille) et le jeune homme qui loue une case pendant qu’il étudie. Nous avons parlé des différences entre le Canada et le Burkina. De religion…ouf ici elle dicte tout! C’est vraiment très bien. Je commence à aimer mon nouvel univers.

Je sais que je m’éternise, mais je veux terminer sur la description de la soirée d’hier. Je préparais le souper dehors quand soudainement le vent s’est levé. Un vent incroyable. Si bien qu’un morceau de tôle quand même grand m’a volé dessus. Bien vite tout le monde s’est dépêché pour tout rentré dans la maison et bien vite, la maison s’est remplie de sable. Puis, la pluie a commencé, sur un toit de tôle, tout est amplifié! Met c’était le vacarme et on pouvait apercevoir le ciel qui s’éclairait sans cesse avec les éclairs. Puis, le calme total. Tout semblait tellement en paix, au ralenti. Je suis allé m’installer dehors avec l’étudiant, assis là simplement en silence. C’était comme si le monde venait de s’arrêter. Un oncle et une tante sont venus nous rejoindre et on a commencé un autre thé. Puis toutes les tantes, nous avons mangé ensemble. Après le deuxième thé, soudainement, le vent a repris, le ciel a recommencé à gronder et les éclairs à éclairer le ciel. Nous sommes donc rentré pour le dernier thé. J’avais l’impression d’être tellement minuscule dans l’univers, mais à la fois tellement bien.

Voilà, je vous quitte sur ça…

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Salut Val! Juste un petit mot pour te dire que je lis tous tes billets et que tu m'impressionnes vraiment! C'est vraiment fantastique ce que tu fais!
Steph Laflamme

Alexe a dit…

Io Betty, Wow, ça l'air trop top! Continue à écrire souvent!! Je dois ben faire monter tes cotes de visite moi là!! On t'aime. Fais attention tjrs et tjrs, Ale&Al xxx

Jennifer a dit…

Salut Val!!!
Je suis vraiment décu te t 'avoir manqué,j 'aurai vraiment aimé te parler pour te dire comment je suis fière de toi et continue ton excellent travail. Tes messages sont vraiment passionnants, lache pas. Prends bien soin de toi.
Et on pense tous beaucoup à toi.
À bientot